Trevys dans Les Échos : la complexité des grandes entreprises, leur force… et leur faiblesse
À la fin octobre 2026, Les Échos ont consacré un article au rodage de la réforme de la facturation électronique chez les ETI et les grandes entreprises, deux mois après son entrée en vigueur le 1er septembre 2026. John Lévy, expert-comptable associé chez Trevys et élu à l'Ordre des experts-comptables de Paris, où il est référent facturation électronique, y a été sollicité pour livrer son analyse de terrain.
Son constat est net, et il va à l'encontre d'une idée reçue tenace.
« Plus l'entreprise est grande, plus elle a de systèmes à raccorder »
C'est le cœur du témoignage de John Lévy dans Les Échos :
« Plus l'entreprise est grande, plus elle a de systèmes différents à raccorder. On imaginait que les grandes entreprises seraient les mieux préparées parce qu'elles disposent de services informatiques importants. Mais leur complexité est aussi leur faiblesse. »
Cette observation, forgée au contact de nombreuses entreprises accompagnées par Trevys sur la réforme, dit quelque chose d'essentiel : la taille n'est pas un avantage absolu en matière de transformation SI. Une DSI étoffée, c'est aussi une architecture plus hétérogène, des legacy systems plus lourds, et des interdépendances entre outils qui rendent chaque raccordement à une plateforme agréée (PA) bien plus complexe que pour une PME partant d'une base propre.
Ce que le terrain confirme : trois frictions majeures
Les constats observés depuis le 1er septembre 2026 dans les entreprises que Trevys accompagne — et que l'article des Échos documente également — convergent autour de trois points.
1. Les paramétrages PA/SI prennent plus de temps que prévu
La version 3.2 des spécifications externes de la DGFiP, qui définit notamment les trois formats de factures (Factur-X, UBL, CII), n'a été publiée que le 30 avril 2026 — soit quatre mois avant le lancement effectif de la réforme. Ce délai très court a laissé peu de temps aux éditeurs et aux équipes IT pour finaliser leurs développements et leurs tests. Résultat : même des entreprises qui avaient commencé à se préparer plus d'un an à l'avance se retrouvent bloquées au stade du paramétrage.
2. Le PDF persiste comme filet de sécurité
Pour éviter tout risque de retard de paiement, de nombreuses entreprises continuent d'envoyer leurs factures en parallèle : une version dans le flux électronique de la PA, et une version PDF par e-mail. Une double gestion qui génère des risques de comptabilisation en double et alourdit le travail des services comptables.
3. Refus et litige : une distinction mal maîtrisée sur le terrain
La réforme introduit une distinction fondamentale entre le rejet technique (la facture ne contient pas les données réglementaires requises) et le désaccord commercial (le destinataire conteste le contenu de la facture). Dans ce second cas, on ne peut pas simplement rejeter la facture : une procédure spécifique s'applique, impliquant notamment l'émission d'un avoir.
Cette distinction, évidente dans la documentation technique, l'est beaucoup moins dans le quotidien d'un service comptable ou d'une équipe administrative. Former et accompagner ces équipes est une priorité que beaucoup d'entreprises ont sous-estimée.
Ce que Trevys en retient : la réforme est aussi un projet humain
Chez Trevys, nous l'avons dit dès le début : la réforme de la facturation électronique n'est pas qu'un projet IT. C'est un projet d'entreprise à part entière, avec trois dimensions indissociables :
- Architecture SI : interopérabilité entre les outils existants, les plateformes agréées et le Portail Public de Facturation (PPF) — qui joue désormais le rôle d'annuaire et de concentrateur de données.
- Qualité des données : bases clients et fournisseurs, catalogue produits, adressage dans l'annuaire — autant de référentiels à mettre en qualité avant toute mise en production.
- Gestion du changement : les équipes finance, comptables et opérationnelles doivent comprendre les nouveaux flux, les nouveaux statuts, les nouvelles règles de traitement. Sans accompagnement, la réforme génère des frictions inutiles.
Le rodage est normal. L'immobilisme ne l'est pas.
Deux mois après le lancement, la phase de rodage est réelle — et l'administration l'a anticipé avec une « doctrine de démarrage » bienveillante. Mais cette tolérance n'est pas un sursis indéfini. Les entreprises qui n'ont pas encore désigné leur plateforme agréée, ou dont le raccordement n'est pas finalisé, doivent accélérer.
La bonne nouvelle : les difficultés actuelles sont identifiées, les cas d'usage se précisent, et les plateformes agréées progressent dans leur couverture fonctionnelle. Le circuit se stabilise.
Vous êtes une ETI ou une grande entreprise encore en phase de transition ? Trevys accompagne la mise en conformité et la conduite de projet RFE de bout en bout — de la cartographie des flux à la formation des équipes.
