Actualité

Défaillances d'entreprises en France : 68 961 cas à fin janvier 2026, les microentreprises en première ligne

27 juillet 2026Trevys4 min de lecture
Défaillances d'entreprises en France : 68 961 cas à fin janvier 2026, les microentreprises en première ligne

Une hausse contenue, mais réelle

À fin janvier 2026, la Banque de France recense 68 961 défaillances d'entreprises en cumul sur les douze derniers mois — contre 68 602 en décembre 2025 (données révisées). Le rythme annuel de progression s'établit à +4,1 %, en légère accélération après plusieurs mois de décélération continue (+3,6 % un mois plus tôt).

Ce chiffre reste supérieur de +16,2 % à la moyenne observée sur la période 2010-2019, ce qui confirme que la vague post-crise sanitaire ne s'est pas encore totalement résorbée. Il convient cependant de le mettre en perspective : sur la même période, près de 1,18 million d'entreprises ont été créées en France sur douze mois glissants, en hausse de +5,9 % selon l'INSEE. Le tissu entrepreneurial continue donc de se renouveler activement.


Les microentreprises, principal vecteur de la hausse

La quasi-totalité de l'augmentation enregistrée ce mois-ci provient des microentreprises et entreprises de taille indéterminée, qui concentrent à elles seules 63 437 des 68 961 défaillances, soit plus de 92 % du total.

Voici comment se répartit cette hausse selon la taille des structures, au cumul de janvier 2026 :

Les microentreprises et entreprises de taille indéterminée comptabilisent 63 437 défaillances, en hausse de +3,7 % sur un an. Les très petites entreprises (TPE) affichent 3 441 défaillances, avec une progression nettement plus marquée de +9,0 %. Les petites entreprises enregistrent 1 498 cas, en hausse de +6,0 %. Les moyennes entreprises totalisent 522 défaillances, avec la plus forte progression de la catégorie à +11,1 %. Enfin, les ETI et grandes entreprises représentent 63 défaillances, sans évolution par rapport à l'an passé.

Source : Banque de France – Base Fiben, données disponibles début mars 2026.

Ces chiffres révèlent une réalité structurelle : plus la structure est petite, plus elle est exposée. Les TPE et microentreprises disposent de réserves de trésorerie limitées et d'un accès plus contraint au financement, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux retournements de conjoncture.


Des secteurs sous tension variable

La hausse est quasi générale, mais son intensité varie fortement selon les secteurs. Voici un tour d'horizon des principales filières, avec leur niveau de défaillances en cumul à janvier 2026, leur évolution sur un an, et leur écart à la moyenne décennale 2010-2019 :

La construction concentre le plus grand nombre de défaillances avec 14 484 cas, mais se distingue positivement : elle affiche une baisse de -2,4 % sur un an et reste légèrement en dessous de sa moyenne décennale (-1,4 %). Même tendance encourageante du côté des activités immobilières, avec 2 555 défaillances et un recul de -1,2 % — même si ce secteur reste 28,8 % au-dessus de sa moyenne historique.

Le commerce et la réparation automobile constituent le deuxième secteur le plus touché en volume (13 905 défaillances), mais avec une progression très contenue de +1,4 % et un écart limité à sa moyenne décennale (+6,4 %).

L'hébergement et la restauration compte 9 328 défaillances, en hausse de +7,5 %, et reste 26,5 % au-dessus de sa moyenne 2010-2019 — un secteur encore en phase de normalisation post-crise. Les conseils et services aux entreprises enregistrent 8 613 défaillances (+8,6 %) et se situent 35 % au-dessus de leur niveau historique.

L'enseignement, la santé et l'action sociale affichent 6 838 défaillances, en hausse sensible de +13,6 %, avec un écart de +28,8 % à la moyenne décennale. Les transports et l'entreposage totalisent 3 253 défaillances (+7,6 %), mais c'est le secteur le plus éloigné de sa normalité historique : il se situe +71,1 % au-dessus de sa moyenne décennale — un signal préoccupant qui mérite une attention particulière.

Enfin, l'agriculture, la sylviculture et la pêche enregistrent 1 703 défaillances, avec la plus forte progression annuelle de l'ensemble (+19,3 %) et un niveau supérieur de 25,3 % à la moyenne 2010-2019.

Source : Banque de France – Base Fiben, données disponibles début mars 2026.


Ce que cela signifie concrètement pour votre entreprise

Ces statistiques ne sont pas de simples chiffres macroéconomiques. Elles traduisent des réalités très opérationnelles pour tout dirigeant :

  • Risque client : une hausse des défaillances dans votre secteur ou chez vos clients signifie un risque accru d'impayés. Revoir régulièrement la solidité financière de vos partenaires commerciaux est plus que jamais utile.
  • Vigilance trésorerie : dans un contexte de taux encore élevés et de demande incertaine, la trésorerie reste le premier rempart. Anticiper les besoins à 3, 6 et 12 mois permet de garder la main.
  • Dialogue avec son expert-comptable : détecter les signaux faibles en amont — dégradation du BFR, allongement des délais de paiement, tensions sur les marges — c'est précisément le rôle d'un accompagnement comptable de proximité.

En résumé

La situation reste sous contrôle à l'échelle macroéconomique, mais la légère réaccélération des défaillances invite à la vigilance. Dans un environnement où les créations d'entreprises restent dynamiques, c'est moins la quantité que la solidité des structures qui fait la différence.

Chez Trevys, nous pensons qu'anticiper vaut toujours mieux que subir. Si vous souhaitez faire un point sur la santé financière de votre entreprise ou de votre portefeuille clients, nous sommes à vos côtés.


Données : Banque de France – Base Fiben / Direction des Entreprises – Observatoire des Entreprises. Mise en ligne le 6 mars 2026.

Trevys — Cabinet d'expertise comptable & de conseil

Un projet ? Écrivez-nous 👋